On raconte que la formule Nihil volitum nisi praecognitum — qui est le sceau de Cogito depuis 1998 — apparaît pour la première fois, non dans un livre, mais sur la tranche noircie d’une petite tablette de buis retrouvée au XIᵉ siècle dans le scriptorium de l’abbaye de Saint-Gall. La tablette portait les marques d’un usage très ancien : elle avait servi, disait-on, aux moines enseignants pour interroger les jeunes oblats avant leur entrée dans les écoles monastiques.
Mais la tradition de l’abbaye affirme que ces mots étaient bien plus anciens.
Un grammairien de la fin de l’Empire romain
Selon le vieux récit conservé par les maîtres d’école du haut Moyen Âge, la devise aurait été transmise par un certain Flavius Aurelianus, grammairien tardif de la fin de l’Empire romain. Il enseignait à Augustodunum, l’actuelle Autun, à une époque où les routes se vidaient, où les bibliothèques brûlaient, et où les pères envoyaient leurs fils non plus vers la gloire du forum, mais vers les rares lieux où subsistait encore l’art de lire, de raisonner et de parler droitement. Aurelianus avait pour maxime :
L’enfant ne choisit vraiment que ce qu’il a appris à voir.
À ses élèves qui rêvaient de devenir soldats, magistrats, marchands ou prêtres, il répétait que la volonté humaine n’est pas une flamme surgie de nulle part, mais une torche allumée par la connaissance. On ne désire pas la justice si l’on n’a jamais entrevu l’ordre. Comment chercher la vérité, quand personne ne vous en a donné le goût ? On ne veut pas s’élever si nul ne vous a montré qu’il existe une hauteur.
Lorsque les écoles romaines disparurent peu à peu, la formule passa de bouche en bouche, portée par des maîtres errants, des clercs, des copistes et des évêques. Au VIIIᵉ siècle, sous Charlemagne, elle aurait été redécouverte par un jeune moine irlandais nommé Maelduin, venu sur le continent avec quelques pauvres livres serrés dans une peau de chèvre. Maelduin l’avait inscrite en marge d’un commentaire d’Aristote, entre deux gloses sur l’intelligence et la volonté :
Incarnation de l’ambition carolingienne
Les maîtres de l’école palatine d’Aix-la-Chapelle s’en emparèrent. Selon eux, cette formule résumait toute l’ambition carolingienne : relever les esprits pour relever les royaumes. On ne réforme pas un peuple en lui ordonnant seulement de vouloir le bien ; il faut d’abord lui apprendre à le reconnaître. La connaissance précède l’élan. L’étude prépare le courage.
Au XIIᵉ siècle, la devise devint célèbre dans les écoles cathédrales. À Chartres, à Laon, puis à Paris, on la disait avant les disputes publiques. Des maîtres la gravaient au-dessus de leur pupitre, afin que les étudiants se souviennent qu’ils n’étaient pas venus chercher des réponses toutes faites, mais l’art de désirer plus haut.
Car telle était la force de la formule : elle unissait l’intelligence et la volonté.
Elle disait aux étudiants :
Vous ne savez pas encore tout ce que vous pouvez ambitionner.
Vous ne connaissez pas encore l’étendue des vos facultés.
Il faut apprendre pour désirer davantage.
Comprendre pour choisir librement.
Il faut entrevoir une lumière avant de pouvoir marcher vers elle.
Car le rôle d’un soutien aux étudiants n’est pas seulement de fournir une aide matérielle. C’est aussi de révéler à chacun la possibilité de sa propre capacité. L’étudiant ne manque pas toujours de volonté ; souvent, il manque d’horizon. Il ne veut pas encore parce qu’il ne sait pas encore ce qui peut être voulu. L’étudiant ignore les chemins, les métiers, les disciplines, les œuvres, les maîtres, les exemples. Il ne connaît pas encore son propre avenir.
Ainsi, la devise traversa les siècles comme une promesse pédagogique.
Nihil volitum nisi praecognitum
Elle venait de l’Antiquité par son latin et sa confiance dans la raison.
Du haut Moyen Âge par les monastères qui sauvèrent les livres.
Elle surgit à nouveau dans les écoles cathédrales par leur foi dans la formation de l’esprit.
Elle venait des universités médiévales par leur certitude que l’étude transforme la vie.
Au frontispice de Cogito depuis 1998, Nihil volitum nisi praecognitum signifie :
Aider les étudiants à connaître, afin qu’ils puissent vouloir.
Ouvrir des portes intellectuelles, afin que naissent des ambitions.
Ne pas contraindre la volonté, mais lui donner un monde à désirer.
Et c’est pourquoi chez Cogito nous commençons toujours par analyser votre situation de façon individuelle, factuelle, en fouillant le détail, pour comprendre quels sont les objectifs qui peuvent être atteints, à court et plus long terme. Contactez nous sans délai pour un premier entretien.
